Géomètre-Expert, un métier technique et méconnu (interview de Pierre LAROUSSINIE pour la Provence immobilier)

Si le métier de géomètre-expert nous est rarement connu, il est pourtant essentiel pour garantir la propriété foncière. Séduit par l’idée de partager son temps entre terrain et bureau, Pierre Laroussinie gravit tous les échelons de la profession, du CAP au diplôme d’ingénieur. En 1995, ce parcours atypique l’amène à décrocher son diplôme de géomètre-expert foncier DPLG, (délivré par le gouvernement, ndlr) grâce auquel il rachète un cabinet, à Marseille, Pierre Laroussinie devient, par la suite, membre de la commission communication de l’ordre des géomètres-experts. Un interlocuteur de choix pour nous décrire les prérogatives de cette profession  un peu mystérieuse.

En quoi consiste vraiment votre métier ?

Nous exerçons une profession réglementée dont le principe de base est de prendre des mesures. Dans les faits, nous sommes les garants de la propriété foncière. Nous sommes les seuls à pouvoir définir les limites juridiques d’un bien foncier. Notre mission peut aller d’un simple détachement de parcelles à des opérations de plus grande ampleur, sur des ensembles immobiliers complexes. C’est une profession passionnante, juridique, technique et très diversifiée. Nous pouvons faire du simple bornage, comme nous retrouver à prendre des cotes souterraines. J’ai même pris les mesures de Notre-Dame de la Garde depuis un hélicoptère !

Parmi vos domaines d’expertise, la division en volumes. De quoi s’agit-il ?

La première division de ce type a été réalisée à Paris dans le quartier de la Défense. Les programmes bâtis étaient complexes, ils comportaient des locaux destinés à différents usages : bureaux, crèches… en-dessous, passait une autoroute. Et sous l’autoroute passait une ligne de TGV. Les méthodes traditionnelles de mesure et de division des surfaces au sol étaient inadaptées à cette configuration. Il a fallu créer un nouveau procédé, qui permette de diviser les biens en trois dimensions, en un volume, lui-même divisible, comme un jeu de Lego. Et ce, pour permettre à chaque lot de posséder la pleine propriété de sa surface, mais aussi de son entité volumétrique. En somme, la division en volumes répond tout à fait aux impératifs de la ville verticale de demain. Mon cabinet a réalisé la première division de ce type à Marseille, à Sainte-Barbe. Depuis, nous nous sommes spécialisés dans ces prestations. Nous avons par exemple travaillé sur les Docks Libres 1, le Castel, Univ’R, la City, le BAO…

Pourquoi devenir membre de la commission communication de l’ordre des géomètres-experts ?

Nous vivons dans une époque de pleine communication et je constate, pour notre métier, que beaucoup reste à faire. Nous sommes une équipe d’une dizaine de personnes en France, à nous interroger sur les façons de faire connaître notre profession, qui est à la fois très technique et assez méconnue. Pourtant, une enquête Opinion Way démontre que les Français en ont une vision très positive. À nous d’en faire découvrir les subtilités.

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